Laura D.

Isola

Actes Sud

par (Libraire)
30 octobre 2020

Un polar froid entre Orwell et Agatha Christie

Un roman noir entre le polar et la dystopie. Nous sommes en 2037 dans une Europe déchiré. Chaque pays de « l’Union Amicale » est sous Protectorat. La communauté internationale peine à reconnaître ces nouveaux états qui ne sont plus vraiment des démocraties. Le « Parti » est partout : il surveille, contrôle et mène ses citoyens à la baguette.

Anna Francis est une acharnée du travail, elle ne laisse rien au hasard. Elle revient d’une mission humanitaire dans une zone difficile qui a laissé de grosses séquelles psychologiques. Lorsque le Président l’approche et lui propose d’intégrer une mission ultra confidentielle sur une île déserte - en échange d’une rente qui la laissera à l’abri du besoin - Anna accepte. Elle doit simplement simuler son assassinat et regarder la réaction des 5 autres personnes sur l’île avec elle...

Sorte de réadaptation suédoise du classique « Ils étaient dix », Isola nous attrape avec une écriture qui monte en pression. Ce qu’on prend au départ pour un manque d’action se révèle être un efficace tour de force psychologique. Le lecteur mène l’enquête dans une Suède Orwelienne, étrangement familière...

La famille Martin
par (Libraire)
10 octobre 2020

« Toute personne que l’on met dans un livre devient romanesque »

Un roman doux, un roman simple, sublimé par la plume cynique et intelligente de David Foenkinos. Non ça n’est pas de la fiction ni un roman d’aventure, mais un roman qui parle des gens normaux. Des gens normaux dont la vie devient un roman. Et quand notre vie devient un roman, on a forcément envie qu’elle en soit digne.

Je suis la bête
20,00
par (Libraire)
10 octobre 2020

Un roman polyphonique de grande qualité

Michele, le fils de Mimi, s’est donné la mort. Mimi est en colère. Mimi a toujours été en colère et il sera toujours en colère. Mimi est le chef de la Sacra Corona Unita, la mafia italienne. Mimi est redouté, Mimi fait peur. Et il aime faire peur. Le jour où son fils meurt, la bête se réveille et elle a faim de vengeance. Contre qui ? Contre quoi ? Contre à peu près tout et n’importe quoi. Elle a perdu son fils la bête, alors tout le monde devient coupable. Coupable d’être en vie et de respirer l’air que son fils ne respire plus, coupable de l’avoir croisé en dernier, coupable d’exister à sa place.

Alors la bête rôde et quand elle attaque, c’est toujours là où on ne s’y attend pas. Ne restez pas sur son chemin, parce que la bête ne vous laissera aucune chance.

Un roman polyphonique dont on découvre le fil à travers les yeux de quatre personnages. Un roman noir, obscur même. Un roman dans lequel ce qu’on lit, on n’est pas sûr de vouloir le comprendre.

À découvrir rapidement !

Beate et Serge Klarsfeld, un combat contre l'oubli

un combat contre l'oubli

La boîte à bulles

25,00
par (Libraire)
5 octobre 2020

Le devoir de mémoire en BD

Cette BD n’est pas seulement la biographie du couple le plus redouté des anciens criminels nazis. Elle devient une nouvelle pierre à l’édifice du travail de mémoire. Parce que non, le travail n’est pas terminé et il ne doit jamais l’être. De la même manière que Beate et Serge Klarsfeld n’ont jamais laissé de répits aux monstres de la solution finale, l’Histoire ne doit jamais être oubliée.

Dans cette BD on découvre la rage de Beate qui n’hésite pas à mettre sa vie en péril plus d’une fois pour faire triompher la justice, cette justice que Serge décide d’incarner en devenant avocat. Une profession et une cause que leur fils, Arno, incarnera à son tour avec fierté.

Rendre hommage à ce couple atypique, passionné, amoureux, combatif était quelque chose à faire, nécessairement. Choisir de le faire à travers des bulles était audacieux et c’est largement réussi. Cette BD on ne la lâche pas et aussitôt terminée, on a envie de la transmettre comme on transmet un trésor, un souvenir.

La race des orphelins
par (Libraire)
15 septembre 2020

Un Indispensable

« Peu de lignes par pages pour aérer cette Histoire qui m’étouffe »
La narratrice aa soixante-seize ans. Accompagnée d’un scribe chargé d’écrire pour elle, elle décide de nous raconter l’histoire de sa naissance. Ou plutôt celle de sa non-naissance.
Ce qu’elle sait d’elle, elle nous le livre : elle s’appelle Hildegard Müller et elle est née en 1943 dans un « Lebensborn ». Les camps de la vie. Par opposition aux camps de la mort. Le jour et le mois de sa naissance, elle ne le connait pas. Toute trace de son existence civile a été effacée le 30 avril 1945 (le jour de la mort d’Hitler).

Hildegard Müller est le fruit de l’obsession de la race pure du Troisième Reich. Elle sait que son père est un SS et que sa mère est probablement norvégienne. Une nationalité prisée pour leur blondeur dans les années 1940. Ce qu’elle ignore, c’est si sa mère était une collabo ou une esclave sexuelle réquisitionnée pour porter et mettre au monde la future génération des parfaits aryens. Une vie pour 6 millions d’autres. Une nouvelle génération pour remplacer celle jugée sale. Une vie à culpabiliser et à se demander de quel côté de l’Histoire ces orphelins doivent se placer. Fruits du mal, bourreau malgré eux.

Lire ce livre c’est le feuilleter, le refermer puis encaisser. C’est toucher du doigt l’origine du mal, la « banalité du mal » comme disait Hannah Arendt.